Les grandes surfaces peuvent elles disparaître ?

POURQUOI LE MODÈLE DES HYPERMARCHÉS CARREFOUR, LECLERC, AUCHAN... EST PÉRIMÉ

Et si l'e-commerce, les circuits courts, la recherche de qualité sonnaient le glas des hypermarchés ? Carrefour vient d'annoncer la suppression de 2400 postes et va entamer, comme Leclerc, un virage vers les magasins de proximité axés sur la bio. Intermarché vient lui de lancer la marque "les éleveurs vous disent merci" pour jouer la carte des producteurs bien rémunérés. Reste à savoir si cela suffira à rétablir la confiance avec les consommateurs. 

 
Les consommateurs se détournent petit à petit des hypermarchés, privilégiant le e-commerce comme Amazon, ou les circuits courts.
 

Le temps du caddie plein, du coffre de voiture rempli et du frigo qui déborde est-il révolu ? À voir les mauvais chiffres des gros distributeurs, on pourrait le penser. Par exemple, Carrefour, qui compte 12 300 magasins à travers le monde et plus de 37 400 collaborateurs, menace de fermer 273 lieux de vente dans l’Hexagone. Au total, 2 400 salariés sont sur la sellette.

"Carrefour n’a pas suffisamment évolué avec ses clients", a avoué le PDG du groupe, Alexandre Bompart qui mentionne plusieurs grandes surfaces non rentables. Et il n’est pas le seul. Auchan, qui est historiquement l’un des plus gros distributeurs depuis les années soixante-dix, accuse une baisse de son chiffre d’affaires, en France, de 1,8 %.
 

Le succès du e-commerce : Amazon double Carrefour

Et le phénomène n’est pas nouveau. Dès 2014, une étude Xerfi alertait sur un modèle traditionnel "de moins en moins adapté aux attentes des consommateurs". D’une part, les consommateurs privilégient le numérique. Carrefour, jusqu’en 2001 était le numéro 2 derrière Walmart, des distributeurs. En 2014, il est sorti du podium et, en 2016, il a même été relégué à la 9e place en 2016. Devant lui Amazon, à la 6e place, a fait une percée fulgurante en gagnant 180 en l’espace de 16 ans.

D'autre part, les consommateurs sont de plus en plus soucieux de la qualité des produits, leur traçabilité et souhaitent des circuits courts. En démontre le succès des AMAP (vente directe des producteurs) et autres commerces de proximité.
 

Virage vers le bio et les circuits courts

D’où le virage entamé par les poids lourds de la distribution. Carrefour a ainsi annoncé vouloir ouvrir, dans les cinq prochaines années, 2 000 magasins de proximité axés sur la bio en France. Le renouveau c’est "une collaboration forte avec le producteur", estime Alexandre Bompart. "La cible ce n’est pas les citadins aisés, la démocratisation du bio est essentielle. Nous devrons être capables de l’offrir à chacun".

Dans ce sillage, Leclerc a également annoncé vouloir ouvrir une centaine d’enseignes spécialisées dans la bio, sous la marque "Le village bio". De son côté, Intermarché s'inspire de la désormais célèbre marque "C’est qui le patron", marque lancée par des consommateurs et qui connaît un réel engouement depuis son lancement. L'enseigne de grande distribution lance la marque "Les éleveurs vous disent merci". Vendue 11 centimes de moins que son concurrent, la brique de lait est pourtant censée rémunérer correctement les éleveurs.
 

La réputation des distributeurs ternie par les scandales

Reste à savoir si ces changements sont ceux attendus par les consommateurs ou si la grande distribution appartiendra bientôt au monde d’hier. Les scandales à répétition ont considérablement terni leur réputation. Carrefour, Lerclec, Auchan, Intermarché… Par exemple, plusieurs enseignes ont ainsi reconnu avoir vendu du lait infantile possiblement contaminé aux salmonelles malgré la demande de retrait, et le rappel de Lactalis. Plus tôt dans l’année 2017, c’était la pénurie de beurre, due en partie à la grande distribution, qui faisait grandir la méfiance des consommateurs envers les grandes surfaces.

 
 
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